Etat des milieux

La densité des grands types de végétations en Bretagne

La densité de quelques grands types de végétations est calculée pour différentes échelles géographiques en Bretagne : départements, intercommunalités (dont les périmètres CRTE), communes, parcs naturels régionaux.

Ces types de végétations sont issus de la cartographie des grands types de végétation (CGTV) produite par le Conservatoire botanique national de Brest (2021).

Les 5 grands types de végétations concernés par la présente analyse sont les classes : forêt, haies et talus, landes et tourbières, zones humides, et milieux (semi-)naturels.

Consulter la typologie ci-après pour le détail des assemblages.

L'indicateur "classe de végétation" exprime la part surfacique du territoire couvert par cette classe.

L'indicateur est calculé à diverses échelles : maille 1 ha, commune, CRTE, EPCI, PNR, département, région.

Tous les rapports en surface sont sur la base exclusive des végétations "terrestres" (100% d'un territoire = exclu les classes "champs d'algues" et "Milieu marin ou estran").

Tous les indicateurs pour une même échelle de territoire sont classés selon leur écart à la moyenne établie sur l'ensemble des territoires de même dimension et catégorisés en 8 classes avec les valeurs seuils : [moyenne] + ou - 1, 2 ou 3 (écart-type]. Les catégories 4 et 5 sont considérées "dans la moyenne", 1, 2 et 3 "bien en deçà de la moyenne" et 6, 7 et 8 "bien au-delà de la moyenne".

Typologie

CGTV et assemblage

terre natsemi forêt haie landtourb zonehum
Végétations des marais salés oui oui oui
Roselières oui oui oui
Pelouses sèches et mésophiles des dunes fixées oui oui
Pelouses sèches des dunes mobiles oui oui
Prairies et pelouses sèches et mésophiles (hors dunes) oui oui
Prairies et pelouses humides (hors marais salés) oui oui oui
Landes sèches et mésophiles oui oui oui
Landes humides oui oui oui oui
Tourbières et groupements tourbeux associés oui oui oui oui
Fourrés secs et mésophiles oui oui
Fourrés humides oui oui oui
Végétations des haies et talus oui oui oui
Forêts sèches et mésophiles oui oui oui
Forêts humides oui oui oui oui
Plans d'eau, cours d'eau et végétations associées oui oui
Champs d'algues marines
Plantations d'arbres à feuilles caduques oui
Plantations d'arbres à feuilles persistantes oui
Coupes forestières oui
Vergers oui
Cultures oui
Parcs et jardins oui
Milieu marin et estran non ou peu végétalisé
Bâti oui
Routes oui
Rochers, falaises, sables littoraux oui oui
Autres milieux non végétalisés oui

Organisme producteur des données sources

Conservatoire botanique national de Brest.

Traitement

OEB, octobre 2025.

Les espèces à enjeux régionaux en Bretagne

Définition

Les espèces recherchées sont celles qui portent un ou des enjeux (« ce que l'on peut perdre ou gagner »), enjeux en matière de conservation (ex. une disparition de l'espèce), et enjeux d'envergure régionale.

Plusieurs évaluations de l'état de santé d'une espèce sont disponibles. Elles ont été établies selon des méthodes reconnues, validées (notamment par le CSRPN), voire institutionnalisées (comme les Listes Rouges ou les Directives européennes).

Ainsi, les espèces retenues comme espèces à enjeux régionaux de conservation en Bretagne sont celles qui sont concernées par au moins une des évaluations suivantes et selon les critères définis ci-après :

  • Risque régional de disparition Méthode UICN Liste Rouge Régionale :

Les espèces avec l'un des statuts : Régionalement Eteinte, En danger critique, En danger, Vulnérable, Quasi menacée.

  • Responsabilité biologique régionale Méthode OEB et al. 2015 validée CSRPN :

Les espèces avec l'un des statuts : responsabilité Majeure, Très élevée.

  • Etat de conservation régional Méthode OEB et al. 2015 validée CSRPN :

Les espèces avec l'un des statuts : Défavorable insatisfaisant, Défavorable mauvais.

  • Espèce « znieff » Méthodes ORFF validées CSRPN :

Les espèces citées comme déterminante pour la discrimination de znieff

  • Risque national de disparition Méthode UICN Liste Rouge Nationale :

Les espèces avec l'un des statuts : Nationalement Eteinte, En danger critique, En danger, Vulnérable, Quasi menacée, et qui en même temps ne sont ni accidentelles, ni marginales, ni exotiques sur le territoire breton (équivalent au statut NA de la Liste Rouge Régionale).

Etat de conservation à l'échelle européenne Méthode EU :

  • Les espèces citées en annexe I de la directive européenne Oiseaux ou en annexe II de la directive européenne Habitats, et qui en même temps ne sont ni accidentelles, ni marginales, ni exotiques sur le territoire breton (équivalent au statut NA de la Liste Rouge Régionale).

Il suffit qu'une espèce soit concernée par une seule de ces évaluations pour qu'elle soit retenue.

Seul le rang taxonomique espèce est pris en compte ; les observations relatives à des sous espèces ont été migrées vers le rang taxonomique supérieur, en gérant une éventuelle différence de statuts entre les niveaux taxonomiques.

Répartition spatiale

Les données utilisées pour établir les cartes de répartition à l'échelle communale sont celles qui sont versées sur la plateforme Biodiv'Bretagne.

Ont été prises en compte :

  • les données de moins de 25 ans ;
  • les données spatialement rattachables à une commune ; ainsi, les données de maille ou de polygone supra communal non pas été prises en compte ; les observations publiques dites "sensibles" au sens du SINP et dont le floutage spatial est supérieur à la dimension communale (par exemple les observations relatives aux écrevisses indigènes, espèces à enjeux), n'apparaissent pas dans ces cartes ;
  • les données de rang taxonomique Espèce ou infra ;

N'ont pu être prises en compte :

  • un certain nombre d'observations de moins de 5 ans issues de la plateforme FauneBretagne et considérées comme "privées" (elles ne sont pas transmises à Biodiv'Bretagne) ;
  • un certain nombre d'observations produites récemment et non encore transmises à Biodiv'Bretagne ;
  • ainsi que toute la biodiversité qui n'a pas encore fait l'objet d'inventaires, que ce soit spatialement (nombre de communes présentent encore des lacunes d'inventaires), taxonomiquement (faune des invertébrés, faune marine, etc.) ou temporellement (avifaune hivernante par exemple) ;

Les observations concernant les oiseaux ont fait l'objet d'un traitement permettant de relier les observations à une période de nidification (périodes identiques à celles utilisées par les validateurs de la plateforme FauneBretagne) ; les observations des oiseaux nicheurs en Bretagne mais vus hors période de nidification ont été exclues à cause de la difficulté à statuer sur le statut des individus vus en hiver : individus "bretons" nicheurs ou individus d'ailleurs et de passage / hivernage en Bretagne ?

Organismes producteurs des données sources

Les données d'occurrence présentes sur la plateforme régionale du SINP, Biodiv'Bretagne, sont produites en majorité par des organismes naturalistes (associations, Conservatoire botanique national de Brest) ainsi que par des collectivités, des laboratoires scientifiques, des bureaux d'étude ou des organismes institutionnels (OFB...).

Traitement

Les éléments ont été réalisés entre 2023 et 2024 par un groupe de travail technique animé par l'OEB dans le cadre de la déclinaison en Bretagne de la Stratégie nationale Aires Protégés (SAP).

Le groupe de travail était constitué de :

Marion Hardegen, Christophe Bougault (CBNB), Marie Capoulade, Pierre-Yves Pasco (BV), Yann Février, Guillaume Gélinaud, Olivier Retail (ORFF Avifaune), Régis Morel, Pierre-Alexis Rault (ORFF Herpétologique), Gaëlle Leprévost, Laetitia Le Gurun (ORFF Poissons migrateurs), Floriane Flacher-Geslin, Lauriane Laville-Corbeau, Pierre Devogel (ORFF Invertébrés continentaux), Franck Simonnet (ORFF Mammifères), Thibault Vigneron, Pascal Irz (OFB), Simon Chollet (Ecobio Université Rennes I), Frédéric Ysnel (Borea MNHN), Loïs Morel (Agrocampus Rennes), Olivier Le Bihan (CD22), Jean-François Lebas (CD35), Xavier Best (CD29), Laurent Pérignon (CD56), Rosine Binard, Karine Delabroise, Florian Lebeau (Région), Elise Carnet, Arnaud Le Nevé, Julian Virlogeux (Dreal), Mathieu Lagarde, François Siorat (OEB).

Mise à jour: OEB, septembre 2025.

Acronymes utilisés

BV Bretagne Vivante CBNB Conservatoire botanique national de Brest CD Conseil départemental CSRPN Conseil scientifique régional du patrimoine naturel OEB Observatoire de l'environnement en Bretagne OFB Office français de la biodiversité ORA Observatoire régional Avifaune ORFF Observatoire régional faune flore MNHN Muséum national d'histoire naturelle SAP Stratégie nationale Aires Protégées SINP Système d'information de l'inventaire du patrimoine naturel UICN Union internationale pour la conservation de la nature Znieff Zone naturelle d'intérêt écologique faune flore

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  • ZONATION https://zonationteam.github.io/Zonation5/ (soft, manual, docs)

Les réservoirs de biodiversité d'envergure régionale en Bretagne

Selon l'article R371-19 du code de l'environnement, les réservoirs de biodiversité sont des espaces dans lesquels la biodiversité est la plus riche ou la mieux représentée, où les espèces peuvent effectuer tout ou partie de leur cycle de vie et où les habitats naturels peuvent assurer leur fonctionnement en ayant notamment une taille suffisante, qui abritent des noyaux de populations d'espèces à partir desquels les individus se dispersent ou qui sont susceptibles de permettre l'accueil de nouvelles populations d'espèces. Les réservoirs de biodiversité d'envergure et d'intérêt régionaux pour la Bretagne ont été discriminés en 2015 dans le cadre du Schéma régional de cohérence écologique (SRCE) et pour une utilisation au 1/100 000ème. Ils ont fait l'objet d'une mise à jour en 2024 permettant maintenant leur utilisation à une échelle d'au moins 1/25 000ème.

De part la définition des "réservoirs" reposant sur une sélection de périmètres administratifs ou d'inventaires, la complétude de l'information établie lors du SRCE est questionnable : tous les réservoirs de biodiversité d'envergure régionale sont-ils discriminés ? La réponse est négative étant données les lacunes d'inventaires ou de prise en compte de la biodiversité via les dispositifs administratifs.

Général

En 2015, dans le cadre du SRCE, déclinaison de la dynamique nationale Trames Verte et Bleue, les réservoirs de biodiversité d'envergure régionale ont été identifiés en compilant les données issues :

  • des zonages réglementaires ou d'inventaires,
  • des espaces à forte naturalité d'au moins 400 ha d'un seul tenant (« mosaïque verte »),
  • de l'estran,
  • des estuaires.

Les cours d'eau identifiés comme réservoirs régionaux de biodiversité et comme corridors écologiques régionaux n'ont pas été intégrés dans cette compilation et ont font l'objet d'une cartographie séparée. La donnée a été réalisée pour une lecture et une utilisation au 1/100 000ème. Elle ne pouvait en aucun cas être utilisée à une échelle plus précise.

En 2024, la cartographie des grands types de végétation, éditée par le Conservatoire botanique national de Brest, a été utilisée en substitution à la couche d'occupation du sol d'origine dite Costel. La nouvelle carte peut ainsi être lue et utilisée au moins au 1/25 000ème. Les types de données compilées sont les mêmes qu'en 2015 (zonages réglementaires, inventaires, espaces naturels d'au moins 400 ha, estran, estuaires) auxquelles ont été ajoutés les cours d'eau identifiés comme réservoirs régionaux de biodiversité et une bande marine de 100 m (prise en compte pour la constitution d'espaces naturels d'au moins 400 ha).

Détails

Données descriptives de la "biodiversité" du territoire breton = cartographie des grands types de végétation (CGTV), Conservatoire botanique national de Brest, 2021.

Données de périmètres réglementaires et d'inventaires (liste identique à celle du SRCE 2014) : réserves naturelles nationales et régionales, réserves biologiques intégrales, réserve nationale de chasse et de faune sauvage, arrêtés préfectoraux de protection des biotopes, des habitats et de géotopes, sites de la FCBE, réserves Bretagne vivante, forêts publiques domaniales, sites d'importance du Parc naturel régional d'Armorique, réserve de biosphère, espaces naturels sensibles des conseils généraux Ille-et-Vilaine, Finistère, Côtes-d'Armor et Morbihan, sites du Conservatoire du littoral, sites classés (certains sites exclus), zones Ramsar, sites Natura 2000, Znieff type 1 et 2 (deux sites exclus) , et les cours d'eau :

  • les cours d'eau classés au titre de l'article L.214-17 CE (listes 1 et 2) ;
  • les cours d'eau, parties de cours d'eau ou canaux dans lesquels une protection complète des poissons migrateurs vivant alternativement en eau douce et en eau salée est nécessaire (SDAGE Loire-Bretagne) ;
  • les cours d'eau, parties de cours d'eau ou canaux jouant le rôle de réservoir biologique nécessaire au maintien ou à l'atteinte du bon état écologique (SDAGE Loire-Bretagne) ;
  • les parties de cours d'eau délimitées pour l'établissement de l'inventaire des frayères à l'état d'avant-projet (ONEMA, janvier 2014) ;
  • certains cours d'eau de la BD Carthage® ©IGN : afin de préserver la continuité des cours d'eau L214-17 des listes 1 et 2, certains tronçons de cours d'eau de la BD Carthage ont été sélectionnés là où une rupture du classement en liste 1 ou 2 a été identifiée.

Plus de détails sur la sélection des sites sont accessibles dans le document : SRCE Bretagne La trame verte et bleu régionale Rapport n° 2 septembre 2014 chapitre 1.6. Toutes ces couches ont des dates de diffusion différentes. Les zonages réglementaires ont été compilées en décembre 2024 par la Dreal dans le cadre de l'élaboration de la Stratégie Aires Protégées.

Dans une première phase, ces données de périmètres sont croisées avec les éléments de la typologie "naturel et semi naturels" de la CGTV et les intersectés sont retenus. Les ruptures du linéaire des cours d'eau "réservoirs" sont liés pour partie aux données d'origine non calées sur un même référentiel spatial. Dans une deuxième phase, les éléments de la typologie CGTV "naturel et semi naturels" constituant des entités continues de plus de 400 hectares sont retenus (les cours d'eau ne sont pas retenus comme entité de liaison). In fine, les résultats des phases 1 et 2 sont fusionnés pour constituer les réservoirs régionaux de biodiversité version 2024.

Périmètre de la carte : la partie terrestre de la Bretagne administrative, les estuaires, les rias, les golfes, l'estran et une bande littorale marine de 100 m vers le large. Ainsi, si certains périmètres réglementaires s'étendent très au large (Natura 2000 par ex.), seule la frange littorale sera prise en compte dans son croisement avec la CGTV mais elle assurera ainsi le lien Terre - Mer. Les estuaires participent aux entités de plus de 400 ha.

Métrique

L'indicateur "réservoirs régionaux de biodiversité" exprime la part du territoire couvert par ces réservoirs.

Tous les indicateurs pour une même échelle de territoire (départements, epci, crte, communes, pnr) sont classés selon leur écart à la moyenne établie sur l'ensemble des territoires de même dimension et catégorisés en 8 classes avec les valeurs seuils : [moyenne] + ou - 1, 2 ou 3 (écart-type]. Les catégories 4 et 5 sont considérées "dans la moyenne", 1, 2 et 3 "bien en deçà de la moyenne" et 6, 7 et 8 "bien au-delà de la moyenne".

Organismes producteurs des données sources

BV, CBNB, CD 22 29 35 56, CEL, CRB, Dreal, FCBE, OFB (exOnema), ONF, PNRA, PNRGM, PNRRCE, SGADE Loire-Bretagne.

Traitement

OEB, octobre 2025.

Les continuités spatiales des milieux (semi-)naturels en Bretagne

Le niveau de continuité spatiale d'un territoire est défini d'après le niveau de fragmentation spatiale des milieux (semi-)naturels de ce territoire. Les continuités élevées correspondent aux niveaux de fragmentation au delà des écarts moyens établis sur l'ensemble de la Bretagne. L'analyse de la fragmentation est menée par fenêtres glissantes de 1 km², sur l'ensemble du territoire terrestre de Bretagne, et en utilisant la cartographie des grands types de végétations (CBNB 2021).

Métrique

L'indice de fragmentation est calculé avec l'indice Mesh (Moser et al. 2007), appliqué aux végétations naturelles et semi naturelles. La formule initiale de cet indice (dit "non modifié") a été utilisée afin de ne tenir compte que des variables "nombre de patch" et "superficie de chaque patch" dans chaque maille de 1 km².

Les valeurs de l'indice Mesh qui sont au-delà du seuil "moyenne + 1*écart-type", calculé sur l'ensemble des mailles couvrant la Bretagne, définissent la classe "continuité forte".

L'indicateur "continuité spatiale élevée" est le pourcentage de territoire en continuités spatiales élevées soit le rapport entre le nombre de mailles à continuité élevée et le nombre de mailles couvrant le territoire.

Tous les indicateurs pour une même échelle de territoire (départements, epci, crte, communes, pnr) sont classés selon leur écart à la moyenne établie sur l'ensemble des territoires de même dimension et catégorisés en 8 classes avec les valeurs seuils : [moyenne] + ou - 1, 2 ou 3 (écart-type]. Les catégories 4 et 5 sont considérées "dans la moyenne", 1, 2 et 3 "bien en deçà de la moyenne" et 6, 7 et 8 "bien au-delà de la moyenne".

Cotation des végétations : (semi-)naturelles

Végétations des marais salés oui
Roselières oui
Pelouses sèches et mésophiles des dunes fixées oui
Pelouses sèches des dunes mobiles oui
Prairies et pelouses sèches et mésophiles (hors dunes) oui
Prairies et pelouses humides (hors marais salés) oui
Landes sèches et mésophiles oui
Landes humides oui
Tourbières et groupements tourbeux associés oui
Fourrés secs et mésophiles oui
Fourrés humides oui
Végétations des haies et talus oui
Forêts sèches et mésophiles oui
Forêts humides oui
Plans d'eau, cours d'eau et végétations associées oui
Champs d'algues marines oui
Plantations d'arbres à feuilles caduques
Plantations d'arbres à feuilles persistantes
Coupes forestières
Vergers
Cultures
Parcs et jardins
Milieu marin et estran non ou peu végétalisé
Bâti
Routes
Rochers, falaises, sables littoraux oui
Autres milieux non végétalisés

Bibliographie citée

MOSER, B., JAEGER, J., TAPPEINER, U., TASSER, E. \& EISELT, B.. (2007). Modification of the effective mesh size for measuring landscape fragmentation to solve the boundary problem. Landscape Ecology. 22. 447-459. 10.1007/s10980-006-9023-0

SELLIN V. (coord.), AUGUIN Y., GARCIA O., GUILHAUMA G., HARDEGEN M., STUDERUS K., 2021. Cartographie des grands types de végétation de Bretagne. Région Bretagne : notice de la carte. FEDER / Région Bretagne / DREAL Bretagne / Agence de l'eau Loire-Bretagne / Département du Finistère / Département d'Ille-et-Vilaine / Département des Côtes-d'Armor / Département du Morbihan / Brest métropole / Parc naturel régional d'Armorique. Conservatoire botanique national de Brest, 124 p. + 2 annexes.

Organismes producteurs des données sources

Conservatoire botanique national de Brest.

Traitement

OEB, octobre 2025.

La naturalité en Bretagne

Le concept de naturalité est fondé sur les travaux de A. Guetté (Guetté et al. 2018) et leur application à l'échelle nationale (Guetté et al. 2021) ; la méthode utilisée pour la Bretagne en est adaptée selon les spécificités des données disponibles sur le territoire breton.

La naturalité est la compilation de 3 notions : l'intégrité biophysique de l'occupation des sols, la spontanéité des processus, la continuité spatiale et temporelle. Pour ce faire, en Bretagne, sont respectivement utilisés les indices : hémérobie, les densités de bâtis et de routes (au lieu de la densité de bâti et de la distance aux routes de la méthode initiale), la fragmentation spatiale des milieux naturels et semi naturels (au lieu de l'indice de continuité spatiale Omniscape ; pas d'informations sur la continuité temporelle).

Métrique

La cartographie des grands types de végétations (CBNB 2021) est découpée selon la grille 100*100m.

Indice hémérobie : les classes de végétations sont codées selon un gradient à 6 valeurs ; les aires respectives sont multipliées par ces gradients ; le tout est sommé, puis divisé par l'aire d'étude, c'est à dire la surface totale de végétation terrestre, soit en théorie la surface totale de la maille ; si des éléments marins sont présents dans la maille, seule une bande de 1 000 m² maximum est prise en compte.

L'indice "bâtis - route" est construit comme suit : "2 - densité Bâti - densité Route" et ceci afin d'établir un gradient [0-1] dont les valeurs hautes expriment une forte naturalité à l'instar des indices d'hémérobie et de fragmentation.

Indice de fragmentation : indice Mesh modifié, Moser et al. 2007, appliqué aux végétations naturelles et semi naturelles ; il élimine le biais dû aux périmètres des mailles en prenant en compte l'aire initiale du polygone éventuellement découpé.

Les trois indices sont normés de 0 à 1, puis sommés ; une fenêtre glissante à 1 maille est appliquée à chaque maille, et la moyenne des 9 mailles est associée à la maille centrale pour former l'indice de naturalité à l'échelle communale, gommant ainsi l'effet du positionnement nominal de la grille de découpe ; pour l'échelle régionale la fenêtre glissante est de 22,5 km², et de 25 ha pour l'échelle intercommunale.

Les valeurs à la maille sont agrégées à diverses échelles : région, département, epci, crte, communes, pnr. Pour une même échelle de territoire, les valeurs sont classées selon leur écart à la moyenne établie sur l'ensemble des territoires de même dimension et catégorisés en 8 classes avec les valeurs seuils : [moyenne] + ou - 1, 2 ou 3 (écart-type]. Les catégories 4 et 5 sont considérées "dans la moyenne", 1, 2 et 3 "bien en deçà de la moyenne" et 6, 7 et 8 "bien au-delà de la moyenne".

L'indicateur "naturalité forte" par territoire exprime la part du territoire couvert par de la naturalité de classe 6, 7 ou 8. Ces classes supérieures révèlent les macro structures les plus naturelles du territoire et leurs continuités; les 3 classes inférieures concrétisent les zones à la plus faible densité de nature et les plus contraignantes à sa continuité.

La méthode a fait l'objet d'évolutions en juillet 2025 : Mesh -> Mesh modifié, densité milieux naturels -> densité route et bâti.

Naturalité bretonne versus naturalité nationale (Guetté, 2018)

Les macro structures de naturalité détectées par les deux versions sont homogènes, cohérentes et superposables. Cependant, avec une résolution initiale de 1 ha pour la version bretonne et de 20 m pour la nationale, des divergences apparaissent dans le détail. Elles sont dues à des sources de données différentes et des variantes méthodologiques entre les deux versions. La force de la version bretonne tient à l'utilisation d'une seule couche d'information, de plus à vocation spécifique "grands types de milieu / végétation". La méthode bretonne pourrait être renforcée en développant une méthode de continuité spatiale à la place de la fragmentation.

Cotation des végétations

terre vs mer hémérobie naturel et semi vs artificiel
Végétations des marais salés ter 5 nat et semi
Roselières ter 5 nat et semi
Pelouses sèches et mésophiles des dunes fixées ter 4 nat et semi
Pelouses sèches des dunes mobiles ter 5 nat et semi
Prairies et pelouses sèches et mésophiles (hors dunes) ter 4 nat et semi
Prairies et pelouses humides (hors marais salés) ter 4 nat et semi
Landes sèches et mésophiles ter 5 nat et semi
Landes humides ter 5 nat et semi
Tourbières et groupements tourbeux associés ter 5 nat et semi
Fourrés secs et mésophiles ter 5 nat et semi
Fourrés humides ter 5 nat et semi
Végétations des haies et talus ter 4 nat et semi
Forêts sèches et mésophiles ter 5 nat et semi
Forêts humides ter 5 nat et semi
Plans d'eau, cours d'eau et végétations associées ter 4 nat et semi
Champs d'algues marines mer 6 nat et semi
Plantations d'arbres à feuilles caduques ter 3 non
Plantations d'arbres à feuilles persistantes ter 3 non
Coupes forestières ter 3 non
Vergers ter 3 non
Cultures ter 2 non
Parcs et jardins ter 2 non
Milieu marin et estran non ou peu végétalisé mer 6 nat et semi
Bâti ter 1 non
Routes ter 1 non
Rochers, falaises, sables littoraux ter 6 nat et semi
Autres milieux non végétalisés ter 3 non

Bibliographie citée

GUETTE A., CARRUTHERS-JONES J., GODET L. \& ROBIN M. 2018. « Naturalité » : concepts et méthodes appliqués à la conservation de la nature. Cybergeo : European Journal of Geography [En ligne], document 856. https://journals.openedition.org/cybergeo/29140#toc GUETTE A., CARRUTHERS-JONES J. \& CARVER S. J., 2021. Projet CARTNAT. Cartographie de la Naturalité. Notice technique. UICN, juin 2021, 12 pages MOSER, B., JAEGER, J., TAPPEINER, U., TASSER, E. \& EISELT, B.. (2007). Modification of the effective mesh size for measuring landscape fragmentation to solve the boundary problem. Landscape Ecology. 22. 447-459. 10.1007/s10980-006-9023-0 SELLIN V. (coord.), AUGUIN Y., GARCIA O., GUILHAUMA G., HARDEGEN M., STUDERUS K., 2021. Cartographie des grands types de végétation de Bretagne. Région Bretagne : notice de la carte. FEDER / Région Bretagne / DREAL Bretagne / Agence de l'eau Loire-Bretagne / Département du Finistère / Département d'Ille-et-Vilaine / Département des Côtes-d'Armor / Département du Morbihan / Brest métropole / Parc naturel régional d'Armorique. Conservatoire botanique national de Brest, 124 p. + 2 annexes.

Organismes producteurs des données sources

Conservatoire botanique national de Brest.

Traitement

OEB, octobre 2025.

Le grain bocager en Bretagne

Le grain bocager, outil développé par l'UMR BAGAP Inrae, permet de caractériser les effets micros climatiques dus aux éléments boisés en prenant en compte les effets individuels et cumulatifs du bocage au sens large (arbres isolés, haies et massifs forestiers). C'est une analyse structurelle prenant en compte le contexte bocager dans lequel la biodiversité forestière évolue. Il intègre à la fois la densité des éléments boisés mais également leur agencement spatial.

Le grain est un indice d'ouverture du bocage qui varie de 0 (paysage fermé) à 1 (paysage ouvert). Une faible valeur de grain correspond à une forte influence des éléments boisés sur la parcelle (on parle de grain « fin »). Une forte valeur de grain correspond à un milieu ouvert (on parle de grain « grossier »).

Ce descriptif est issu de https://chloe.inrae.fr/grain-bocager/, source à consulter pour plus de détails conceptuels et méthodologiques.

Métrique

Ont été utilisées les cartes départementales du grain bocager synthétisé à 50 m et en 4 classes. La classe "grain bocager fin" en a été extraite.

L'indicateur "grain bocager fin" exprime la part du territoire couvert du grain bocager fin.

Tous les indicateurs pour une même échelle de territoire (départements, epci, crte, communes, pnr) sont classés selon leur écart à la moyenne établie sur l'ensemble des territoires de même dimension et catégorisés en 8 classes avec les valeurs seuils : [moyenne] + ou - 1, 2 ou 3 (écart-type]. Les catégories 4 et 5 sont considérées "dans la moyenne", 1, 2 et 3 "bien en deçà de la moyenne" et 6, 7 et 8 "bien au-delà de la moyenne".

Organismes producteurs des données sources

UMR BAGAP Inrae 2024.

Traitement

OEB, octobre 2025.

Les zones humides non altérées en Bretagne

Les zones humides non altérées sont les zones identifiées comme potentiellement humides sur la base de critères hydrologiques et pédologiques, à l'échelle et pour les spécificités du Massif armoricain, et qui présentent des végétations liées aux zones humides.

Deux sources d'informations sont croisées : les zones humides potentielles, identifiées par le laboratoire SAS de l'Inrae Institut Agro Rennes Angers en 2007, et la cartographie des grands types de végétations (CGTV), élaborée par le Conservatoire botanique national de Brest en 2021.

Ces deux informations n'ayant pas la même temporalité, ni la même précision géographique (50m versus 2m), et pouvant présenter des faiblesses d'identification au plus haut des têtes de bassin versant, la précision des pourcentages est de l'ordre de 5 points.

Plus de précisions sont disponibles dans les travaux du Forum des Marais Atlantiques et, notamment : Les zones humides de Bretagne - Etat des lieux des altérations - Enjeux de la restauration. A. Dausse (coord.). FMA 2019.

Métrique

Typologie de la CGTV utilisée en tant que zones humides :

Végétations des marais salés, Roselières, Prairies et pelouses humides (hors marais salés), Landes humides, Tourbières et groupements tourbeux associés, Fourrés humides, Forêts humides, Plans d'eau, cours d'eau et végétations associées.

L'indicateur "zone humide non altérée" exprime la part des zones humides potentielles du territoire (Inrae 2007) qui ne correspond pas à des végétations de zones humides (selon la CGTV).

Tous les indicateurs pour une même échelle de territoire (départements, epci, crte, communes, pnr) sont classés selon leur écart à la moyenne établie sur l'ensemble des territoires de même dimension et catégorisés en 8 classes avec les valeurs seuils : [moyenne] + ou - 1, 2 ou 3 (écart-type]. Les catégories 4 et 5 sont considérées "dans la moyenne", 1, 2 et 3 "bien en deçà de la moyenne" et 6, 7 et 8 "bien au-delà de la moyenne".

Organismes producteurs des données sources

Inrae Institut Agro Rennes Angers, CBNB.

Traitement

OEB, octobre 2025.